Atomic Bart présente :
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FERRARA, L'HOMME QUI  FILME LA FIN

The Blackout
 

Le film commence par la mer, on y voit Matty qui fait les cents pas le long de la plage. Le film se termine dans la mer, Matty part au large à la nage

Ici c'est le bleu qui domine le film (dans Bad Lieutnant c'était les tons jaune-beige, dans The Funeral, le noir). 
Matty c'est perdu, alcoolique et junkie, comme un radeau, au milieu d'Hollywood. Il a perdu son amour, Annie (Béatrice Dalle), peut-être l'a-t-il tué. 
 L'aide, l'île,  qu'il trouvera en  Susan (Claudia Shiffer) n'est, au fond, qu'un mirage, inutile. On ne s'échappe pas de sa (mauvaise) conscience. Matty ne sait plus ce qu'il a fait, il ne sait plus ce qui a été ou ce qui ne fut que des cauchemars de junkie. 
La vie ici, est peuplée de sirènes, de poisons, et d'ivresse, l'eau y est trouble et les quelques sourires que l'on voit sur le visage de Matty sont pitoyables, déchirants.

Tout comme le Roi de New York, Bad Lieutnant et The Funeral, Ferrara aborde les thèmes de la Rédemption (thème américain par excellence -Scorsese, le western, le film noir...-),  l'environnement pourri, et la fin d'un homme. 
Dans ces films, le personnage se pose la question de ce qu'il a été, de ce qu'il est, regarde autour de lui et ne voit pas d'issue, qu'il soit dans la mafia, la police, ou le show-biz tout est sombre et violent, décadent. 
Tout le monde vit dans le mensonge et les drogues, alcools et sexe servent de paravents, de masques à la conscience de chacun. Alors arrive un moment, un événement, un déclencheur, sa vie bascule, la conscience prend le dessus et il tente de faire sa rédemption, de comprendre, il sent qu'il est temps de se racheter, mais les jeux sont fait, et l'issue est la même à chaque fois : la mort.

Ferrara sait filmer la tension, la crise et la déchéance, l'isolement. Ferrara sait nous faire peur.
L'univers dépeint dans ses oeuvres, sont à peu près les mêmes que chez Scorsese, pourtant je rapprocherai plus son cinéma de Bergman. Tout d'abord par sa captation des visages, puis pour ses personnages qui sont sur la brèche et qui explorent leur passé. 

J'ai pensé à Rimbaud, au Rimbaud d'Une saison en enfer : "Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin ou s'ouvraient tout les coeurs, ou tout les vins coulaient...."

Abel Ferrara est un cinéaste américain, mais un cinéaste américain libre.

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