Ce que l’on peut constater c’est que le silence lui, brille par son
absence, il faut combler ne pas laisser le spectateur en suspens, du son, du
son, du son partout.
Mais ce qui compte dans les productions c’est la « qualité » du son, à
360°, avec des claquements de portes qui ressemblent au bruit des canons,
jouons avec la stéréo, occupons, occupons le spectateur, évitons qu’il se
rende compte du vide.
Le son suit bêtement l’action, il en dépend, c'est son esclave, il se dit
réaliste et nous laisse passifs, il nous maintient à terre.
A-t’on oublié que l’on peut jouer avec notre inconscient, nous faire
ressentir l’impalpable, nous diriger où l’on veut à notre insu. A-t'on
oublié cette phrase de Brecht « ce qui compte ce n’est pas de montrer
comment sont les choses vraies, mais comment sont vraiment les choses ».
Il y a tout de même encore des réalisateurs qui savent s’en servir, Godard
(évidemment), Lynch, Desplechin et d’autres encore…
Dans Ester Khan de Desplechin, le son parfois précède l’image (et
l’action), et moi je trouve ça formidable, l’image ne prédomine pas,
elle est utilisée à égalité avec le son.
« De même que le son peut donner de l’intensité à une scène, la
suppression délibérée d’une action peut augmenter le contenu dramatique
» Fritz Lang
