Atomic Bart présente :
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LA PASSION SELON MELVILLE

Léon Morin, prêtre
 

S'il y est question de religion, de foi, pas de miracle dans ce film. Nous y voyons des hommes, des femmes des enfants face à une Occupation qui dépasse l'occupant comme l'occupé.

Au costume anachronique et théâtrale  des soldats Italiens, succède la froideur métallique et bien contemporaine de l'armée Allemande, la traque des Juifs, et enfin la Libération avec ses règlements de comptes, et le spectacle des femmes tondues.

Pas de miracle donc  mais de la passion. 

La passion de Léon Morin pour le Christ, la passion de Barny pour Léon, la passion des convictions. 
L'amitié de la petite fille (l'ange) pour Gunther un officier Allemand qui doit partir pour la Russie. 
Enfin la passion de Melville pour son film : une mise en scène libre et rigoureuse. 
Il y a cette montée d'escaliers pour aller chez le prêtre, la rudesse dans la gestuelle de Léon ( il pousse il bouscule, il plaisante, il sermonne, provoque), et son recul face aux évènements et son humour,  jamais gratuit. Il y a les pulsions et impulsions de Barny (elle gifle, elle tremble, elle s'énerve, elle s'émerveille, s'étonne),  le désir qu'elle éprouve pour Léon et qu'elle n'arrive plus à contenir, les questions qu'elle se pose, ses rêves. Barny est aveuglée, tiraillée  par  sa foi éventuelle et par l'amour qu'elle porte à Léon ; elle en oublie de regarder autour d'elle, elle ne voit pas les dégâts causés par la guerre, les bombardements.

Elle est déconcertée, et nous aussi. Et si nous le sommes, ce n'est pas seulement grâce à un scénario, non, c'est parce que la mise en scène et le montage nous entraînent, nous surprennent, ne nous laissent pas passifs, nous obligent à rester vigilant. C'est beau et  inconfortable. 
C'est ce que l'on appelle un film d'auteur.

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