Atomic
Bart présente :
ci18ne95ma
LA PASSION SELON MELVILLE
Au costume
anachronique et théâtrale des soldats Italiens, succède la froideur
métallique et bien contemporaine de l'armée Allemande, la traque des Juifs,
et enfin la Libération avec ses règlements de comptes, et le spectacle des
femmes tondues. Pas de miracle donc mais de la passion. La
passion de Léon Morin pour le Christ, la passion de Barny pour Léon, la
passion des convictions. Elle est déconcertée, et nous aussi. Et si nous le sommes,
ce n'est pas seulement grâce à un scénario, non, c'est parce que la mise en
scène et le montage nous entraînent, nous surprennent, ne nous laissent pas
passifs, nous obligent à rester vigilant. C'est beau et
inconfortable.
L'amitié de la petite fille (l'ange) pour Gunther un officier Allemand qui
doit partir pour la Russie.
Enfin la passion de Melville pour son film : une mise en scène libre et
rigoureuse.
Il y a cette montée d'escaliers pour aller chez le prêtre, la rudesse dans
la gestuelle de Léon ( il pousse il bouscule, il plaisante, il sermonne,
provoque), et son recul face aux évènements et son humour, jamais
gratuit. Il y a les pulsions et impulsions de Barny (elle
gifle, elle tremble, elle s'énerve, elle s'émerveille, s'étonne), le désir
qu'elle éprouve pour Léon et qu'elle n'arrive plus à contenir, les
questions qu'elle se pose, ses rêves. Barny est aveuglée, tiraillée
par sa foi éventuelle et par l'amour qu'elle porte à Léon ; elle en
oublie de regarder autour d'elle, elle ne voit pas les dégâts causés par la guerre, les bombardements.
C'est ce que l'on appelle un film d'auteur.