Atomic
Bart présente :
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M LE MAUDIT
Soyons clair, M le maudit est un film de montage, de
lumière, de son et d’auteur. M le maudit un film TOTAL.
C’est un film sur la nécessaire préservation de sa propre liberté, sur
l’instinct de survie, et celà même si l'on est le pire des monstres
comme l’est le « héros » Becker, tueur de petites filles, personnage
inspiré entre-autres par Peter Kurten dit le vampire de Dusseldorff...
C’est un film sur la fin du régime de Weimar et la bêtise de groupe, sur
la suspicion, la pègre toute puissante et la police qui rame. C’est un film
contre l'instinct de vengeance, contre l'auto-défense et pour la protection
de la société par la loi.
Ce film qui s’appelait au départ « Les assassins sont parmis nous » fut
interdit par les nazis, qui se sont cru visés, et les fascistes en Italie.
Lang à voulu faire un documentaire sur la société de son temps : « J’ai
voulu m’adapter au rythme de vie de notre époque, à sa réalité. Et
j’ai fait un film qui se base essentiellement sur des faits authentiques.
Prenons la peine de considérer les grandes affaires criminelles de ces dernières
années. Il y a eu par exemple l’atroce assassinat des deux sœurs Fehse à
Breslau, ou l’affaire Ausmann, ou encore celle de la petite Köpernick. Ces
crimes n’ont toujours pas été punis. Prenons la peine de lire les journaux
et nous verrons que dans la plupart des cas, les circonstances du crime sont
singulièrement analogues. Comme s’il y avait là une loi mystérieuse ;
comme si les événements se répétaient inlassablement. Il y a toujours des
faibles d’esprit qui vont se dénoncer. Il y a les dénonciations, ces
explosions d’une haine et d’une jalousie accumulée pendant des années de
vie commune. Il y a toujours enfin des tentatives de corruption de la police.
Tous ces éléments clairement exposés dans le film, ce film qui et un
reportage, font de lui plus que le simple compte rendu artistique de la réalité.
J’ai voulu lancer un avertissement et donner une explication, j’ai voulu
me montrer prophylactique ».
Godard fait jouer Fritz Lang dans son propre rôle (et dans le rôle de
l’ambassadeur du Cinéma) dans Le Mépris et lui fait dire que M est son
film préféré, c’est le mien aussi (avec deux ou trois autres !).
C’est un film que l’on a pas su écouter-voir et qui est le premier film
parlant de Lang.
Plus tard on ne comprendra rien non plus à La Règle du Jeu de Renoir et au
Dictateur de Chaplin.